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Monopoly des inégalités

mardi 15 novembre 2022, par Mme MARTIN

Les professeurs d’éducation civique et morale et les professeurs principaux travaillent sur les discriminations par le biais du jeu, avec le Monopoly des inégalités.

L’association L’observatoire des inégalités a revisité de fond en comble le célèbre jeu de société pour sensibiliser les jeunes aux inégalités et discriminations. Dans ce Monopoly des inégalités, les règles ont été modifiées pour refléter les inégalités présentes dans notre société et inviter les participants à réfléchir sur ces dernières mais aussi à changer les choses.
Ce jeu pédagogique a été expérimenté pendant trois ans lors de plus de trente ateliers et auprès de huit cents jeunes et professionnels de l’éducation.

Pas nés sous la même étoile

Disparus les célèbres pions en forme de chien, chapeau ou voiture et place à des personnages qui, en fonction de leur âge, leur genre, leur origine ethnique ou un éventuel handicap, ne commencent pas tous avec les mêmes chances dans le jeu. Chaque joueur ou joueuse débute avec un patrimoine et un salaire différent et les personnages sont répartis en trois catégories de revenus. Ceux de classe A commencent avec deux maisons, ceux de catégorie B avec une seule, et ceux de catégorie C sans rien du tout. Ces derniers ne lancent par ailleurs qu’un seul dé contre deux pour les autres participants et avancent donc bien moins vite. Le salaire des personnages féminins est inférieur à celui de leurs homologues masculins lors du passage sur la case départ. Les personnages porteurs d’un handicap soustraient deux points aux résultats de leurs lancers de dés et ne peuvent utiliser les gares pour avancer plus vite - faute d’accessibilité aux PMR. En fonction de l’origine et de la couleur de peau du personnage, certaines propriétés lui resteront inaccessibles, et il ou elle devra affronter le contrôle de police au faciès chaque fois qu’il ou elle passera sur la case "contrôle de police", qui reste neutre pour les autres joueurs.
Ainsi, si Aurel, homme de 55 ans, démarre la partie avec deux terrains, 2000 euros en poche, Angela, 37 ans, débute quant à elle avec seulement 600 euros, aucun terrain et ne peut lancer qu’un seul dé - ce qui illustre le cumul des inégalités.

Les cartes « évènements » ont remplacé les cartes chances, permettant d’expérimenter tour à tour discriminations et évènements de la vie. « C’est l’heure de faire le ménage ! Si vous êtes une femme, passez le prochain tour pour le consacrer aux tâches ménagères. Si vous êtes un homme, rejouez. » / « Solidarité internationale – La France décide de participer à la lutte contre la faim dans le monde. Chaque joueur doit contribuer selon ses revenus »

Bienvenue dans un monde où les femmes touchent moins d’argent, où les personnes en situation de handicap n’ont pas accès aux gares et où seule la couleur de votre peau vous soumet à davantage de contrôles d’identités et de tours en prison… ou bienvenue dans le monde réel ?

"Une expérience riche d’apprentissages, où le terme « jeu de société » prend tout son sens." : comprendre les inégalités pour mieux les combattre

L’idée du jeu est parti de ce constat de l’Observatoire des inégalités que « les inégalités, tout le monde en parle, mais pour les combattre encore faut-il les comprendre ». Le jeu est l’occasion de sensibiliser les élèves, d’une manière ludique mais très percutante, aux notions d’inégalités sociales, d’homophobie, de racisme ou encore d’aborder les aides et politiques sociales de notre pays.
Chacun se met dans la peau d’un personnage, distribué au début de la partie, et découvre grâce aux règles et à des cartes « évènement » des injustices qui s’appliquent, ou non, à lui en fonction de ses caractéristiques. Chacun des événements, chacune des règles est explicité par des données qui permettent aux professeurs d’animer des échanges et de faire réfléchir les élèves. Les chiffres et les statistiques deviennent tout de suite beaucoup plus concrets et parlants.
"L’idée, explique Constance Monnier, responsable du projet "Jeunesse pour l’égalité" à l’Observatoire, est d’incarner des "caricatures de catégories sociales", sur la base des données objectives réunies par les sciences humaines. On a fait en sorte de ne pas rester dans le constat fataliste : le fait d’avoir des personnages crée une distance, du recul, et suscite l’empathie."
Le « Monopoly des Inégalités » a pour vocation de faire évoluer les mentalités ainsi que les préjugés et de refuser la stigmatisation. Il incite à développer l’esprit de tolérance et encourage l’empathie. Sans faire culpabiliser les uns, qui se verraient représenter en tant que privilégiés, ni enfermer les autres dans le fatalisme, il pousse à réagir face à des situations d’injustice ou discriminantes. Il encourage à se questionner sur la réussite (qui n’est pas forcément synonyme de richesse) face à ses propres barrières.
Si, à long terme, ce jeu pédagogique génère un engagement dans une action associative, citoyenne ou collective, la partie sera alors vraiment gagnée. "Il est temps de changer les règles du jeu" est la devise ce cette expérience peu banale.

Pour aller plus loin :
Lumni, la discrimination

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